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2017/Anoek SteketeeFrontstage
par Anoek Steketee

PLACE D'ARMES
du 1er juillet au 1er septembre 2017

 

Les images de "Frontstage" pourraient avoir été faites pour illustrer une histoire ou un conte. La lumière maîtrisée met en avant les personnages de l’avant-scène, tandis que la ville, reléguée au second plan, fait figure de décor de cinéma.


Les attitudes posées des protagonistes des images d’Anoek ne trahissent en rien la situation politique du pays dans lequel ils vivent, l’Iran.
Saisis dans leur vie de tous les jours, ils contrebalancent les images d’actualités véhiculées par les grands médias occidentaux ou iraniens.
Pour réaliser ce projet, Anoek Steketee s’est servie d’un appareil photo moyen format et de lumières d’appoint. Aussi, elle a travaillé avec le journaliste Eefje Blankevoort. Le duo proposait aux passants de prendre la pose dans l’environnement quotidien de leur quartier, savamment mis en scène par un éclairage précis.


Sous la lumière des projecteurs et en suivant les consignes de la photographe, le passant devient l’acteur, le personnage principal de l’image. C’est lui qui incarne l’Iran et non plus cette vision globale et désincarnée véhiculée par les médias. Le régime totalitaire, représenté par les immeubles et la ville en arrière-plan devient annexe. Par ces images en apparence anodines, Anoek célèbre la vie et la personnalité de chacune des personnes photographiées. N’est-ce pas la politique qui devrait être au service de l’être humain et pas l’inverse ?


Ces images sont aussi un pied de nez à l’uniformité voulue par le régime. Par ses gestes, sa posture, ses actions quotidiennes chaque individu se distingue d’un autre et fait la démonstration de l’impossibilité pour un régime totalitaire de rendre toute la population uniforme et lisse.
Même contraints et forcés de se plier à une idéologie répressive, chaque personne, en exprimant son individualité et son unicité, prouve la vulnérabilité du régime oppressif.


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